Artistes:

Mireille Aubert,
Isabelle Battolla,
Annick Berclaz,
Elisabeth Beurret,
Marie Bozenna-Bik,
Maurice Castella,
Siripoj Chamroendvidhya,
Véronique Déthiollaz,
Jo Fontaine,
Renée Furrer,
Annette Genêt,
Paul Jenni,
Elisabeth Jobin-Sanglard,
Christiane Kamoun-Cortvriendt,
Elisa Kohler,
Marianne Lenoir,
William Marbacher,
Sylvia Oeggerli,
Delia Perrois,
Carmen Reyes,
Nicolas Rilliet,
Hideki Sando,
Guy Schibler,
Jeanne Schmid,
Yolaine White,

Témoignage de l'exposition "Altitude de l'eau"

mars 2012 - Galerie du Lignon SIG -


Concept directeur pour l’exposition « Altitude de l’eau »

L'eau, source et véhicule de vie et de mort, substance qui produit et traverse tous les changements, matière à métamorphoses, ouvre à l'infini des possibles.

Le titre de l'exposition "Altitude de l'eau" est une invitation lancée à tous les artistes de VISARTE : explorez et exploitez ce champ ouvert de possibles. Ce titre permet en effet de construire une géographie de l'eau riche de multiples oppositions spatiales: le haut et le bas, l'horizontal et le vertical, la surface et la profondeur. Cette géographie se transforme facilement en mythologie, en psychologie, en métaphysique, même en écologie et, espérons-le, en art. Car les oppositions spatiales en génèrent spontanément d'autres : celles de la violence et du calme, du flux et de l'immobilité, de la houle et de l'huile, de la clarté et du sombre, de la transparence et de l'opacité, de la pureté et du mélange, du filtré et du pollué, du sacré et du prosaïque, de la fécondation et de la destruction... La symbolique de l'eau, d'une étonnante universalité, se nourrit de ces dualités, de la nature ambivalente de l'élément.

Parmi tous ces couples antagonistes, il en est un qui mérite une attention particulière, à cause du rôle éminent qu'il a joué dans le développement de notre culture : c'est celui de la surface et de la profondeur. A l'eau comme surface, eau reflet, eau image, eau apparence, eau illusion, s'opposent les eaux profondes, eaux immuables, substantielles, lieu d'une vérité dissimulée et mystérieuse. Cette structure symbolique fonde toute la métaphysique occidentale comme recherche de l'être derrière les apparences. Elle trouve à se représenter, par exemple, jusque dans la psychanalyse qui cherche à révéler, sous la surface de la conscience, les eaux troubles de l'inconscient.

L'imagination humaine peut s'orienter vers le nouveau, vers la variété, vers l'éphémère. Elle va aussi souvent vers ce qui est constant, originaire, permanent. L'eau peut stimuler ces deux formes d'imagination, donner à rêver et à œuvrer face à ce qui bouge et change, ce qui bouscule l'espace (des nuages, des pluies, des tempêtes, des chutes, des torrents, des geysers, des vagues), ou face à ce qui reste au fond des choses, comme leur principe immuable, l'un des quatre éléments retenus par les Antiques : l'Eau, dans son éternité aristocratique, eau des sources, eau de la mer, eau de la vie.

Puissent les artistes de VISARTE faire bonne pêche dans ce vivier (ou dans cette haute mer) de possibles.

Guy Schibler
Président du groupe Visarte-Genève

Annette Genêt
Responsable pour l’exposition

Mireille Aubert

« Surface d’eau en mouvance »

Photographie panoramique, tirage numérique à jet d’encre, marouflé sur sagex, 50  x 196 cm.

« Capter le ciel, lieu et témoin de la métamorphose et de la mouvance de l’eau. Se figurer son voyage de la terre au ciel en douces figures brumeuses ou du ciel vers la terre en douches légères, soutenues ou tumultueuses. Tel était mon intention en créant mon image panoramique.

Cette image, qui flotte maintenant dans ces lieux,  est-elle bien le reflet de ces phénomènes, si toutefois c’est de l’ordre du possible?

Vue d’en haut ou d’en bas cette eau en suspension est grandiose. Mais se peut-il que mon panorama photographique en soit le dernier témoin? Car le cycle de l’eau indispensable à la vie sur terre est menacé : phénomènes invisibles à l’œil et à l’objectif mais hélas bien réels. Trous d’ozone, pollution, réchauffement!

Et pourtant la vie, elle, va continuer et je prends le parti de Christian Bobin qui disait, l’autre dimanche à la radio : « que parler contre le monde ne sert à rien, de même s’accrocher à ce qui le fait mourir. Il est bon, ajoutait-il, de regarder la vie sans le bruit du monde, admirer la douceur inchangée de l’air et du bleu du ciel, soupeser avec sa main un peu de pluie, un peu de silence, un peu de neige ».

Oui l’eau pourtant si douce sait admirablement polir la plus dure des pierres.

Miser sur les choses simples, nommer ce qui existe de beau, s’accrocher à la vie et boire de son eau. Je sens que mon image devenue icône à toute sa place ici. » (M.A., 2011)

Isabelle Battolla

"Huître #3"
Grès, 70 x 27 x 15 cm.

« (...) Les porcelaines d’Isabelle nous emmènent dans un monde imaginaire sous-marin, grands fonds océaniques, où l’on peut poser un regard neuf sur la matière, où la matière nous questionne. Ce que touche notre regard, est-ce une structure marquée d’accidents où est-ce le souvenir d’impressions presque tactiles de structures animales ou minérales ? Serait-ce les traces de brisures et de cassures qui font alterner les textures, ou est-ce simplement le plaisir de notre imaginaire à voyager entre un intérieur et un extérieur jamais bien connus ni clairement déterminés ? Sachant que les projections et le réel sont dans un jeu perpétuel, nous sommes peut-être touchés simplement par le rapport du corps avec la matière, rendu visible par les traces et les inégalités singulières des surfaces. Isabelle laisse à la sensibilité du regardeur la liberté de rester dans des sensations très originaires. Elle nous renvoie à un rapport primordial à la terre, à l’eau, au feu. Elle nous rappelle que les éléments sont eux-mêmes constitutifs de notre être profond. (...) »

(Marie-Dominique Kessler, extrait de Fonds marins jamais vus, Balancés par le flux/août 2009)

Annick Berclaz

« Bulles »

Détail d’une l’installation, 100 x 100 cm.

Alvéoles en porcelaine tournées à la motte sur un tour de potier et cuites à 1260°.

« Le tournage me concentre sur le geste repris pour parvenir à donner une forme à cette porcelaine, qui au contact de l’eau devient extrêmement souple et sensuelle.

De l’altération du granite par l’eau est issue la matière première de la porcelaine : le kaolin. Les particules de kaolin sont transportées par l’eau, s’accumulent dans les creux et forment des poches d’argile qui retiennent l’eau.

C’est tout aussi bien de l’eau… d’altitude que celle des profondeurs qui est retenue par des poches ou des alvéoles de plantes marines. » A.B.

Elisabeth Beurret


« Flux et reflux »

Installation de trois réalisations placées dans trois boîtes américaines (175 x 25 cm ) fixées chacune sur un petit socle de béton ( hauteur de l’ensemble 216 x 35 cm). Une œuvre est un assemblage de photos numériques et les deux autres sont réalisées à partir de papier végétal de roseaux et de joncs et de transferts photos. Les trois œuvres sont disposées dans l’espace de façon à former un groupe visible en recto verso. Au verso une ligne horizontale figure l’altitude de l’eau.


« Flux et reflux »

« Une montée des eaux de plus de 0,7 m d’ici 2100 ! Cette prévision alarmiste est devenue aujourd’hui l’option basse, certains spécialistes prévoyant désormais une montée des eaux de plus de 1,40 m à la fin du siècle. Dans tous les cas, partout dans le monde, de nombreuses régions côtières, voire des états insulaires de l’Océan Pacifique vont être rayés de la carte mondiale.

Les scientifiques les plus pessimistes évoquent même une possible montée des eaux de 1,6 m, ce qui s’approche, à quelques centimètres près, de la hauteur des yeux d’une personne de taille moyenne.

Le regard seul émergerait et porterait au loin sur la surface des eaux.

Sur les plages, dans les estuaires aussi, le niveau de la mer fluctue régulièrement. Il laisse au plus haut de la zone de balancement des marées l’empreinte du moment où le reflux succède au flux. Dans le sud de la Bretagne, j’ai perçu cette ligne des hautes eaux sur un long rideau de joncs et de roseaux dont les pieds baignaient dans l’eau à l’embouchure d’une petite rivière.

J’ai imaginé de porter cette ligne à hauteur des yeux.

L’œuvre que je propose pour le projet « Altitude de l’eau » est un triptyque composé de trois éléments s’étirant verticalement et sur lesquels apparaît à hauteur des yeux la ligne de plus haute montée des eaux.

Le premier élément est un assemblage en noir et blanc de photos de joncs et de roseaux.

Les deux autres sont constitués de papiers végétaux des mêmes plantes. S’y intègrent des fragments de photos transférées.

Au dos des œuvres est également figurée cette même ligne.

Selon la règle de la perspective, cette ligne de l’altitude de l’eau (recto et verso) située à 1,6 m. sera perçue à la même hauteur quelle que soit la position des éléments dans l’espace… pour un spectateur dont les yeux sont à cette même hauteur.

Cette ligne d’horizon ne varie pas quelles que soient les positions du regard, proche ou éloigné des œuvres : montée inéluctable des eaux… »

Marie Bozenna-Bik

« Marée Haute »

Huile sur toile, 120 x 120 cm.

« Le mouvement journalier des oscillations de la mer dont le niveau monte et descend alternativement me fait penser aux « marées » de mes inspirations artistiques… » M.B.B.

Maurice Castella

« L’infiniment grand - l’infiniment petit. »

20 encres sous plastiques (14 x 18,5 cm), réparties sur 4 panneaux blancs, 32 x 102 cm.

« L’encre prisonnière se fige, sèche et se réduit à l’état solide sans échappatoire possible, tout en gardant l’empreinte et la mémoire de l’état liquide, comme pour nous rappeler son origine. Cette mutation me transporte dans des espaces cosmiques de l’univers et dans le microcosme cellulaire. » M.C.







Siripoj Chamroenvidhya

“Book of Horizon”

Livre d’artiste sur carnet de croquis Canson, 72 x 30 x 2,5 cm, fusain, 2011.

« Le livre contient des lignes d’horizon. Chaque page est divisée en deux parties dans le sens horizontal. Dans la partie inférieure je vais du haut vers le bas,  j’applique le fusain d’abord en couche épaisse puis de plus en plus fine. Le livre devient alors un objet en trois dimensions avec un horizon, et l’on peut visualiser les images de l’océan en largeur et en profondeur continues.

Cette ligne d’horizon, représentée comme niveau moyen des mers, est une mesure de la hauteur moyenne de la surface des océans (tel le point à mi-chemin entre la marée moyenne haute et la marée moyenne basse). Elle est utilisée comme un standard dans l'élévation du terrain. Cette ligne joue aussi un rôle extrêmement important dans l'aviation, où la pression standard du niveau de la mer est utilisée comme système de mesure de l'altitude du vol. » S.C.


Véronique Déthiollaz

« Quatuor »

4 tableaux de 88 X 35 cm chacun, technique mixte.

 « Plonger. Pleuvoir. Baigner.

S'envoler. Mouiller. Nager. Jaillir. Noyer. Pleurer. Où est le haut, le bas ? Toucher. Frotter. Effacer.

Crayonner. Caresser.» V.D.


Jo Fontaine

"Leçon du Bol Tibétain"

Granit du Mont-Blanc - Ø 80 cm.

« Chaque sculpture est la recherche d'un ailleurs. D'un espace-temps à l'espace temple. Lieu privilégié où l'esprit s'évade de notre troisième dimension. Seuls subsistent, au-delà de ma temporalité et de ma finitude, quelques repères et quelques silences qui m'unissent à l'univers. » J.F.


Renée Furrer

« Niveau Zéro »

Diptyque technique mixte, 100 x 140 cm.

« Entre la mer et la montagne, je choisis le niveau de la mer, celui où tout commence et tout finit… »

« La peinture : au commencement, travail rapide et spontané - couleur et lumière. Atmosphères et espaces infinis .

La gravure : la ligne devient l’élément principal et va à la rencontre du vide.

Poésie du geste immuable.

Le dessin : il ramène vers l’essentiel, le regard fait le geste et le geste suit le regard.

Transcrire les éléments naturels. » R.F.


Annette Genêt

« Ambiance lacustre »

Encre de Chine sur papier de riz marouflé sur contreplaqué, 97 x 113 cm.

« S’il l’on s’en tient à la nature, la notion d’« altitude de l’eau » pourrait se rapporter à la météo ou à la géologie, mais la fonction de l’art se veut autre. L’artiste conçoit une abstraction en libérant les mots de leur sens prosaïque. Le mot « altitude », en se dépouillant de sa signification matérielle, entre en poésie, se métamorphose ; il signifie alors esprit - grandeur d’âme - beauté surnaturelle - rêverie merveilleuse - réalité transcendée. Ainsi, l’eau devient le réceptacle de l’enchantement, un espace hors du temps où le penseur enfourche Pégase pour s’élever au niveau du symbolique dans une chevauchée de l’esprit où l’art dévoile enfin sa réalité. » A.G.


Paul Jenni

« Lac de montagne »

Polyester, 180 x 150 cm, 50 kg.

« Pour aborder cette sculpture deux regards sont possibles. La surface de l'eau peut être perçue comme un lac et les corps, comme des montagnes, émergent de celui-ci ; ou bien les corps des baigneurs à moitié immergés forment entre eux un contenant pour l’eau.

Les deux propositions mettent en évidence la relation entre la terre (montagne), l’eau et le corps. »


Elisabeth Jobin-Sanglard

« Mirage », rouleau V

Jets de pulpe de papier, 135 x 39 cm, 2009.

« Cette œuvre est le résultat d’une recherche d’expression picturale contemporaine avec la pulpe de papier que fabrique le Musée du papier de Bâle, provenant de chiffons broyés par une pile hollandaise et l’eau du Rhin, traitée de la manière la plus respectueuse de l’environnement.

Élisabeth Jobin cherche à exprimer la vivacité de l’eau, sa légèreté et sa transparence, en créant avec des jets de pulpe de papier blanc l’impression de remous et de vagues sur le fond bleu de la trame et le fond noir de la moustiquaire, tels un mirage pour un assoiffé dans le désert. » E.J.S.


Christiane Kamoun-Cortvriendt

« Lignes d’horizon »

Encres sur toile, 74 x 140 cm.

"… (Christiane Kamoun) recourt à des métaphores et se réfère notamment aux fluidités naturelles, telles les eaux du Rhône avant leur jonction avec l'Arve, au débouché du lac Léman quand il en rejaillit décanté, limpide, prêt à se ménager un nouveau destin moins apprivoisé vers le sud, la Méditerranée.

Quelle matière plus fluide que l'onde, plus impromptue que le flot, plus évanescente que l'eau qui coule... perpétuelle dynamique de structuration-déstructuration, composition-décomposition, déconstruction-reconstitution ?

Ainsi disposerait de ses matériaux et palettes l'artiste qui voudrait se délester - se désencombrer - des gravités matérielles pour mieux laisser voguer, enfin sublimée, l'imagination créatrice. (B. Daumier, "Flux et Fluidités" magazine, 2009)


Elisa Kohler


"Himmlische Melodien"

Technique mixte sur toile (acrylique, craies, aquarelle), 40 x 100 cm.

« L’eau, élément vivant de notre terre, qui abreuve, se modifie, s’arrondit, qui sait se couler et s’adapter à n’importe quel obstacle qui se présente devant elle, commence son chant dans le ciel, ce grand orchestre en perpétuel mouvement ». E.K.


Marianne Lenoir


« L’eau d’ici et l’au-delà ou Nihil (moi) sur le Nil »

Technique mixte :  acrylique, aquacryl, néocolor et crayons, dimensions d’une des 4 œuvres : 1 x 1 m.

« Si un contemplatif se jette à l’eau, il n’essaiera pas de nager, il essaiera d’abord de comprendre l’eau. Et il se noiera. » Henri Michaux

 « L’eau est lourde à un jour de la source. » René Char

 « L’eau ainsi est le regard de la terre, son appareil à regarder le temps. » Paul Claudel

 « Laissez décanter l’eau (de l’esprit) troublée par les pensées » Tilopa

« L’altitude de l’eau ou l’attitude face à l’eau… »

Réponse de Dieu à Job :

… « As-tu pénétré jusqu’aux sources de la mer ? T’es-tu promené au fond de l’abîme ?
Les portes de la mort se sont-elles ouvertes devant toi ? As-tu vu les portes de l’ombre de la mort ?

As-tu embrassé l’étendue de la terre ? Si tu sais tout cela, dis-le ! ».

Moi non plus, comme Job, je ne sais rien… mais la peinture, pour moi, c’est le cheminement. C’est la bouée de sauvetage pour ne pas me noyer. Je ferme les yeux… Je me laisse submerger par les vagues. Je nage à l’intérieur, à contre-courant parfois. J’ai été happée par l’eau, mais la tête hors de l’eau ! Pour le moment…

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là ! De cascades en cataractes, de rivières tumultueuses en quarantièmes rugissants, j’aspire à un lac tranquille et apaisé, vers mon septantième surgissant, agissant et méditant !

Le bleu me calme et me tempère. Transparence, lucidité et opacité mélangées : les algues, les fleurs, les poissons et même les humains se trémoussent, dans cette mousse aquatique, sur un rythme «jazzy ». Laisser « couler la vie librement » ; oasis de paix, oxygène, se laisser submerger par la richesse des fonds marins. Ballottée dans ce vertige des profondeurs, je rouvre les yeux pour remonter à la surface. (Important : Ne pas oublier les paliers de décompression !).

Les albatros cherchent à prendre leur envol et moi de l’altitude » …

Marianne Lenoir


William Marbacher

"Eau-Vie"

Huile sur toile, 100 x 81 cm.

« (…) l’eau est vitalisée, « énergisée » par la boule de feu émergeant à l’horizon. La ligne d’horizon est une « altitude de l’eau » qui évoque la notion d’infini. » W.M.


Sylvia Oeggerli


« Lumière sur l’eau »

Gravure sur miroir, 100 x 35 cm.

 « Une passion artistique pleine d’énergie, une aventure dans l’inconnu…

Parce que je ne peux pas faire un croquis sur un miroir,  je grave directement les reflets de l’eau dans le miroir. » S.O.


Delia Perrois



« Oh, riches eaux »

Tapisserie haute-lisse, laine et coton, 148 x 88 cm.

« Ainsi qu’un grand poisson nage en se dirigeant tour à tour vers les deux rives de la rivière, ainsi cet être infini, le Purusha, se dirige tour à tour vers ces deux états : la veille et le rêve. »

Brihadaranyaka Upanisad, Ch. 1, Barahama III, iv-iii-18.

« Magique, symbolique et non uniquement esthétique, le tapis résume en lui-même l’image de la demeure, avec son caractère sacré et tous les désirs de bonheur paradisiaque qu’elle comporte.

Dans les nœuds de la tapisserie, art très ancien qui remonte à l’Antiquité, d’innombrables générations d’hommes et de femmes y ont tissé leurs bribes de vie et de rêve. »


Carmen Reyes


« Tsunami »

Tirage numérique à jet d’encre, noir/blanc sur toile (bannière) 137 x 191 cm.

Carmen Reyes commence son travail sur l’ordinateur à l’aide d’une tablette graphique et à partir de documents divers. Elle rassemble les images sources, les copiant et les effaçant tout à la fois, pour créer son document de base. Avec ce document, elle travaille librement sa composition. Elle utilise les multiples fonctions des logiciels informatiques pour obtenir des matières proches de la gravure, tels que des veloutés profonds, des nuances de noirs, des gris et des effets de crayons ou d’aquarelle, etc. Ce sont les tirages en grands formats qui permettent de mieux appréhender la technique digitale utilisée.


Nicolas Rilliet


Sans titre

Huile sur toile, 49,6 x 59,6 cm.

« Cette peinture tente de créer un lien entre l’eau, la terre et le ciel à travers différents dégradés de couleurs. » N.R.


Hideki Sando

« Cascade »

Estampe numérique, 200 x 50 cm.


Guy Schibler

Six photographies,  50 x 70 cm chacune
Tirage limité à 5 exemplaires.

« Altitude de la mer »

« La série « Altitudes de la mer » a pour origine un ensemble de photos prises sur la côte amalfitaine, au sud de Naples. Ces photos ont ensuite été « dénaturées » avec une double préoccupation :

1- en rendant la représentation de l’eau presque invisible, il s’agissait d’établir une confusion entre la mer et le ciel, et corrélativement entre des falaises en plongée et des montagnes vues de face. Chaque image devait ainsi avoir la force d’une énigme, que la vision de l’ensemble de la séquence permettrait de résoudre ;

2- sous la forme d’une illusion qui se donne comme telle, il importait de montrer la puissance symbolique de la permutation mer-ciel. Dans le magma de mon « imaginaire théorique », ce basculement épouse la pensée de Nietzsche. Celle-ci propose constamment une inversion des repères du haut et du bas, de l’élevé et du profond. En voici quelques exemples tirés d’Ainsi parlait Zarathoustra et propres à nous donner le tournis :

D’où viennent les plus hautes montagnes ? ai-je demandé jadis. Alors j’ai appris qu’elles venaient de la mer. […] C’est du plus bas que le plus haut doit atteindre son sommet.


O ciel au-dessus de moi, ciel pur, ciel profond ! abîme de lumière ! […] Me jeter dans ta hauteur – c’est là ma profondeur !

Le sommet et l’abîme sont confondus.

Chez le philosophe allemand, ce brouillage spatial est tout sauf gratuit. Il s’intègre à une attaque en règle contre un système de valeurs qui oppose traditionnellement le supérieur à l’inférieur : l’esprit supérieur au corps, le réel supérieur à l’artifice, etc. Nietzsche met ainsi à mal toutes les hiérarchies dualistes de la pensée occidentale. »

Guy Schibler


Jeanne Schmid

Sans titre

Estampe numérique,  15 x 26 cm.

« Je porte un regard métaphorique sur l'eau qui peut être en attente dans un ciel d'orage;
mais qui peut aussi refléter le ciel, dessiner le sol,
ou dont la présence peut être évoquée à travers une vitre ou se laisser deviner à travers les planches d'un ponton... » J. S.


Yolaine White

« Éléments »

Huile sur toile, 120 x 120 cm.

« Exprimer la force des éléments dans le calme absolu.
Peindre…  l'eau, sentir son mouvement dans l'immobilité de l'instant.
Être… l'infinie profondeur de l'horizon. » Y.W.