Cristina Bettelini

Que d’agitation ne faut-il pas afin de rendre une montagne apaisante…

Combien de ciels et d’océans pour éteindre les fusains qui couvent au cœur de la fonction créatrice ?

Il y a, ici, dans les travaux de Cristina Bettelini, comme un rite de passage. La démonstration que rien de ce qui donne la paix intérieure ne peut se conquérir facilement. Car pour gagner la sérénité de la masse imposante, il faut d’abord en parcourir les arêtes tranchantes et se faufiler entre les ombres inquiétantes, disposées çà et là, comme autant de semailles

Chez Cristina Bettelini, le mouvement est complexe mais curieusement ordonné

On guette une sente, une trace… On cherche une pente douce, un endroit où l’artiste aurait pu se reposer.
Mais ce lieu n’existe pas

Parfois, on pense l’avoir découvert… et puis, bien vite, on prend conscience qu’il ne s’agit que d’un leurre !
Une force intimidante imprègne l’ensemble de ces dessins.
On aimerait gagner le sommet des montagnes pour contempler la vue, mais le trait incite à l’humilité. On reste alors assis au pied de ces puissantes formes comme terrassé par une magie antéenne.

Sommets II, 2007, craie graphite sur papier, 100 x 150 cm
Sommets II, 2007, craie graphite sur papier,
43 x 61 cm
Sommets II, 2007, craie graphite sur papier,
100 x 150 cm
www.bruissements.ch

Au Devin
F-74890 Brenthonne


D’origine tessinoise Cristina Bettelini est née en 1960 à Lugano.
Après une formation en peinture à l’Ecole des Beaux Arts de Sion, elle s’établit à Genève et suit des cours de gravure à l’atelier Cassagne.



La Nature dans tous ses états est exprimée ici comme une énergie propulsée sous forme de croquis.

Quête de l'instant où la magie se conjugue au présent et dépasse les limites de l'entendement.

L'embrasement des sommets, alternés par des rythmes sinueux, révèle les lumières hivernales comme autant de pétillantes bulles de Champagne.

Dessins chahutés où le plaisir se goûte d'un regard sautillant, tel un sismographe au rythme profondément endiablé.

Instantanés de parcours imaginaires, entre le monde environnant et le « vibrato » intérieur.

Montagne, 2009, 50 x 70 cm, craie sur papier
Montagne, 2009, 50 x 70 cm, craie sur papier
Montagnes, 2009, 50 x 70 cm, craie sur papier

Gauguin disait : « L’animalité qui est en nous n’est pas tant à mépriser qu’on veut bien le dire. Ces satanés Grecs, qui ont tout compris, ont imaginé Antée, qui reprenait ses forces en touchant la terre. La terre, c’est notre animalité, croyez-le bien… »

Par ces dessins chahutés, Cristina Bettelini suggère le dépassement de soi.
Elle indique, à coups de traits, le chemin d’une terre simple et délicate… un petit coin perdu, béni par les rosées…

Dominique Roulin

Montagnes, 2009, 50 x 70 cm, craie sur papier